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Nouvel Entrepreneur Mars 2009 - Pérenniser son activité en temps de crise

Dans le contexte actuel lié à la crise financière, de nombreuses entreprises connaissent des difficultés relatives à leur activité. Trésorerie au plus bas, besoin en fonds de roulement élevé, chute brutale des ventes, difficultés d’obtention de prêts bancaires… Tant de problèmes qui compliquent la tâche du chef d’entreprise dans l’activité quotidienne de son entreprise, et dans le développement de celle-ci. Voici quelques conseils pour amortir l’effet de la crise sur sa société.

Sécuriser son patrimoine par une cession à soi même

Céder son entreprise à soi même et faire rentrer un nouvel actionnaire au capital de sa société, via une opération d’OBO (Owner Buy-Out), permet pérenniser son activité, voire de la développer. Le montage s’articule comme suit : le dirigeant et l’investisseur créent une holding de reprise, à laquelle le dirigeant apporte ses titres. La holding contracte ensuite un emprunt bancaire, afin de financer une partie du prix de l’acquisition du reste des titres, le solde étant complété par l’investisseur. Si la société vaut 5 millions d’euros, l’OBO génère 3 millions d’euros de cash disponible, et laisse 70% de l’entreprise au dirigeant. La holding de reprise doit, de préférence, détenir au final 95% des titres de la société opérationnelle, afin de permettre l’intégration fiscale dans le cadre d’une prise de participation majoritaire de l’investisseur. La dette sera remboursée par des remontées de dividendes de la société opérationnelle vers la holding. L’investisseur peut rajouter des obligations convertibles, afin de financer les besoins de la société pour assurer sa croissance externe. L’OBO permet d’oublier les risques d’entreprise car le patrimoine est sécurisé à 60%

L’OBO possède 4 effets de levier :

L’effet de levier financier, soit la capacité de la holding à contracter un emprunt, permet d’augmenter la rentabilité du capital investi. Attention toutefois à ne pas trop s’endetter, sous peine de ne pas pouvoir rembourser ! Le fait que le chef d’entreprise reste en place dans la société opérationnelle permet de faciliter l’obtention de cet emprunt, car celui-ci connaît très bien son activité, ainsi que ses clients.

L’effet de levier managérial : la pression financière liée à la contraction d’un emprunt stimule le dirigeant à tout mettre en œuvre pour réaliser, voire dépasser, le business plan prévu initialement.

L’effet de levier fiscal : dans le cas ou le cédant devient minoritaire dans la holding, et où celle-ci détient 95% des titres de la société opérationnelle, l’intégration fiscale mère fille permet de déduire une partie des intérêts bancaires.

L’effet de levier juridique : l’acquéreur peut s’assurer le contrôle de la société sans détenir la totalité du capital, tout en limitant son engagement financier.

Il faut cependant veiller à ne pas ouvrir plus de 33% de son capital, afin de garder le contrôle de la société. L’amendement Charasse s’applique alors : les intérêts de la dette bancaire ne sont pas déductibles par intégration fiscale, dés lors que le cédant détient plus de 50% de la holding de reprise.

Notons au passage que le cédant aura encaissé une plus-value non négligeable lors de cette opération, permettant ainsi de transformer une partie de son capital professionnel en capital personnel, et de s’assurer une nouvelle source de revenu en plaçant le gain encaissé.

Etablir des contrats avec ses clients

En temps de crise, l’important est surtout de conserver ses clients! Il est cependant plus simple de les fidéliser que d’en conquérir de nouveaux. Une qualité de service irréprochable, des contrats cadres renouvelable par tacite reconduction, couplés à des services et conditions avantageuses, augmente la proximité et la fidélité des clients votre entreprise. Commencer l’année avec 50% de son chiffre d’affaires sous contrat récurrent permet de couvrir les coûts fixes, d’avoir une meilleure visibilité à moyen terme, de se concentrer sur le développement de la société, et de rechercher de nouveaux clients. De plus, en cas de cession, les sociétés dont l’activité est récurrente se valorisent de 3 à 10 fois plus que celles dans contrats, à niveau de chiffre d’affaires et de rentabilité équivalent. Enfin, diversifier les sources de revenu est important : en effet, réaliser plus de 15% du chiffre d’affaires grâce à un seul client est dangereux !

Faire appel à l’affacturage

Le financement des PME peut actuellement être difficile, notamment auprès des banques qui durcissent leurs conditions. Toutefois, chaque entreprise dispose d’un capital de trésorerie potentielle substantiel : le compte client. Ce poste représente souvent de 15 à 25% du chiffre d’affaires annuel. L’affacturage consiste à externaliser la gestion des créances clients. Les sociétés d’affacturage permettent de transformer cette trésorerie potentielle en trésorerie réelle, et d’éviter les incertaines négociations de demande de financement auprès des établissements bancaires. L’organisme spécialisé vous règle directement, dés réception de la facture, moyennant un certain pourcentage de celle-ci, et s’occupe de récupérer la créance 3 mois plus tard. Vous êtes ainsi assurés de disposer de votre trésorerie dés la facturation, limitant ainsi les problèmes liés aux besoins en fonds de roulement.

Opérer un recentrage stratégique

En tant que chef d’entreprise, on ne peut pas être bon partout ! Il est parfois opportun de se concentrer sur son cœur de métier, de choisir ses activités les plus rentables, celles sur lesquelles on possède le plus d’expérience. Ceci mène souvent à la cession d’une ou plusieurs parties de l’entreprise, qui occasionne une rentrée de trésorerie, et permettent parfois d’augmenter la rentabilité de la société au final. On peut de plus développer le cœur de métier grâce aux plus-values dégagées par la vente des activités secondaires.
A l’inverse, il est également bon d’étudier les opportunités de rachat de ses concurrents à moindre coût, souvent eux aussi entamés par la crise et en difficultés. Réduire la concurrence sur le marché permet de s’assurer une clientèle captive, voire des synergies aboutissant à économies d’échelle.

Développer le marketing éthique

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions d’éthique, et notamment en matière d’écologie. A l’heure où les puissances internationales tentes de trouver des solutions sur la question du réchauffement climatique et ses conséquences, les entreprises très polluantes, irrespectueuses de l’environnement, et peu attachées au développement durable, sont souvent pointée sur doigt, voire boycottées. Les questions sociales entrent aussi en ligne de compte. Une entreprise qui respecte ses salariés, ainsi que ses sous-traitants, se démarquera de ses concurrents. Travailler son image d’entreprise écologique et responsable, telle que réduire sa consommation d’énergie et de papier, recycler ses déchets, ou encore entretenir de bonnes relations avec ses salariés, clients, et fournisseurs, permet souvent de pouvoir justifier une augmentation légère de ses prix de vente.

Conclusion

Il existe, à la portée du dirigeant, toute une panoplie d’astuces qui permettent d’assurer la pérennité de son entreprise, en fonction des moyens dont celle-ci dispose, et qui répondent à différentes problématiques. Il faut donc soigneusement diagnostiquer les besoins de sa société, afin d’y apporter les solutions adéquates. Parfois, la meilleure façon de quitter les ennuis de l’entreprise est de la vendre. Nous en parlerons dans un prochain sujet.